
Mars 2023. ChatGPT vient de sortir, tout le monde parle d’IA, je regarde Nvidia à 250$. « Trop cher », me dis-je. Aujourd’hui, Nvidia frôle les 900$. J’ai raté +260%, mais l’interview d’Oren Etzioni avec Motley Fool m’a fait réaliser quelque chose : j’ai peut-être évité un piège plus gros que mes regrets.
Le jour où j’ai compris que je ne comprenais rien à l’IA
Etzioni, professeur émérite à l’Université de Washington, balance une vérité qui fait mal : « Les investisseurs se focalisent sur les mauvaises métriques. » Pendant que je calculais les P/E de Nvidia, lui regardait qui contrôle vraiment les données.
Sa phrase qui m’a réveillé : « L’accès aux données massives est plus important que les algorithmes. » Google, Amazon, Microsoft ne dominent pas parce qu’ils ont les meilleurs ingénieurs, mais parce qu’ils ont nos données. Toutes nos données.
Cette révélation m’a forcé à repenser mes investissements IA. Au lieu de courir après les stars montantes, j’ai commencé à regarder qui possède les infrastructures invisibles.
Ma stratégie IA (construite sur mes échecs)
Après avoir raté Nvidia, j’ai développé une approche différente basée sur les conseils d’Etzioni :
Stop aux paris concentrés. Au lieu de tout miser sur le « prochain Nvidia », j’ai diversifié sur l’écosystème IA : cloud (Microsoft), semi-conducteurs (AMD), données (Palantir), applications (Salesforce).
Focus sur les problèmes concrets. Etzioni insiste : les vraies opportunités sont dans « les applications pragmatiques qui résolvent des problèmes réels. » J’ai vendu mes positions spéculatives pour acheter des entreprises qui automatisent des processus ennuyeux mais rentables.
Infrastructure over innovation. Les startups IA font les gros titres, mais ce sont les fournisseurs de pelles qui s’enrichissent dans une ruée vers l’or.
Ce que mes erreurs m’ont appris sur le hype IA
Mon plus gros raté ? Avoir acheté C3.ai à 120$ en pensant surfer sur la vague. Résultat : -70% en 18 mois. Leçon brutale : en IA, la plupart des « pure players » sont des solutions à la recherche d’un problème.
Etzioni confirme mes soupçons : « Beaucoup d’entreprises IA sont surévaluées parce que les investisseurs confondent potentiel technologique et viabilité commerciale. » Traduction : avoir un super algorithme ne garantit pas des revenus.
Ma nouvelle règle ? Si une entreprise IA ne peut pas m’expliquer en 30 secondes comment elle gagne de l’argent aujourd’hui (pas dans 5 ans), je passe mon chemin.
Pourquoi les GAFA restent mes meilleurs paris IA
L’analyse d’Etzioni m’a fait réaliser quelque chose de contre-intuitif : les meilleures opportunités IA ne sont pas dans les startups disruptives, mais dans les dinosaures tech qui se réinventent.
Microsoft transforme Office en assistant IA personnel. Résultat ? +25% de croissance sur Azure, leur cloud.
Google intègre l’IA dans Search, Gmail, Maps. Chaque requête devient plus valuable.
Amazon automatise ses entrepôts et propose AWS aux entreprises qui veulent faire pareil.
Ces entreprises ne vendent pas l’IA comme produit, elles l’utilisent pour renforcer leurs monopoles existants. C’est moins sexy que les startups, mais beaucoup plus rentable.
Les secteurs IA que tout le monde ignore (et où j’investis maintenant)
Etzioni mentionne des domaines cruciaux négligés par les investisseurs mainstream :
Santé + IA : J’ai acheté Veeva Systems, qui digitalise les essais cliniques. Pas glamour, mais indispensable.
Énergie + IA : NEE (NextEra Energy) utilise l’IA pour optimiser ses éoliennes. Transition énergétique + technologie = combo gagnant.
Finance + IA : Mastercard automatise la détection de fraude. Chaque transaction devient une data point qui améliore leur algorithme.
Ces entreprises n’ont pas « IA » dans leur nom, mais elles l’utilisent pour créer des avantages concurrentiels durables.
Mes erreurs actuelles (que je découvrirai dans 3 ans)
Etzioni insiste sur l’approche « prudente et responsable » du développement IA. Cet avertissement me fait réfléchir à mes angles morts :
Régulation : Si l’Europe légifère durement sur l’IA, mes positions américaines pourraient souffrir.
Bulle des talents : Les salaires IA explosent. Combien d’entreprises peuvent absorber ces coûts long terme ?
Obsolescence rapide : En IA, l’avantage technologique dure 6-18 mois max. Mes investissements d’aujourd’hui seront-ils pertinents en 2027 ?
Ma conclusion d’investisseur IA (tardif mais éduqué)
Avoir raté Nvidia m’a fait mal, mais m’a forcé à développer une stratégie plus solide. Etzioni a raison : l’IA transformera tout, mais pas comme on l’imagine.
Les vraies opportunités ne sont pas dans les entreprises qui crient « IA » le plus fort, mais dans celles qui l’intègrent silencieusement pour résoudre des problèmes ennuyeux mais lucratifs.
Mon portefeuille IA 2024 ? 60% GAFA (infrastructure + données), 30% sectoriels (santé, énergie, finance), 10% paris spéculatifs pour ne pas re-rater le prochain Nvidia.
C’est moins excitant que de tout miser sur la prochaine startup révolutionnaire, mais probablement plus profitable. Et surtout, ça me permet de dormir la nuit sans calculer combien j’aurais gagné « si j’avais acheté X à Y$. »
